Une réforme majeure de la fiscalité routière
Depuis le 1er janvier 2026, le gouvernement islandais a mis en place une nouvelle taxe kilométrique applicable à l’ensemble des véhicules circulant sur le territoire. L’Islande a donc opérer une profonde mutation de sa fiscalité routière. Le 19 décembre 2025, le parlement islandais a voté une nouvelle loi instaurant une redevance kilométrique pour tous les véhicules.
Cette décision marque la fin d’un modèle principalement fondé sur la taxation des carburants fossiles et vise à adapter le financement des infrastructures routières à la transition énergétique et à l’augmentation du nombre de véhicules hybrides et électriques en circulation.
Pourquoi ce nouveau système ?
L’objectif principal est de garantir un financement durable pour la construction et l’entretien de routes sûres et performantes à travers le pays.
L’ancien système est devenu obsolète : il reposait sur l’hypothèse que tous les véhicules fonctionnent à l’essence ou au diesel et consomment d’importantes quantités de carburant. Il ne s’est pas adapté au nombre croissant de véhicules économes en carburant ou électriques, et il ne permettait plus de financer correctement le réseau routier à long terme.
En 2023, les redevances d’utilisation des routes (taxes sur les carburants et redevance kilométrique générale pour les camions) n’ont rapporté que 7 isk par kilomètre parcouru, soit une baisse de 43 % par rapport à 2006, où elles s’élevaient à 12,2 isk par kilomètre.
Le nouveau système vise donc à stabiliser les recettes publiques et à garantir un modèle de financement prévisible et pérenne.
Comment fonctionne la taxe kilométrique ?
Le principe du nouveau dispositif est simple : la contribution de chaque automobiliste dépend du nombre de kilomètres parcourus.
Tarifs appliqués
- Véhicules de moins de 3,5 tonnes : le tarif est fixé à 6,95 isk par kilomètre.
- Véhicules de plus de 3,5 tonnes (camions, autocars) : le tarif augmente progressivement et peut même dépasser 45 isk par kilomètre, selon 29 catégories de poids (voir le graphique).
- Motos : le tarif est fixé à 4,15 isk par kilomètre.
- Remorques : une tarification est appliquée uniquement pour les remorques dépassant 3,5 tonnes. Le tarif au kilomètre pour les remorques est calculé selon la même structure et est basé sur le poids total de la remorque. Pour les ensembles véhicule-remorque, le coût total correspond à la somme du coût du véhicule et de la remorque. A noter que la tarification n’entrera en vigueur qu’à 60% du tarif total au 1er janvier 2026, 80% au 1er janvier 2027 et 100% qu’au 1er janvier 2028.
Tous les véhicules d’une même catégorie de poids paieront le même tarif au kilomètre.
Quel impact pour le conducteur ?
Il s’agit d’une réforme structurelle visant à garantir que le coût reste inchangé pour une voiture essence moyenne.
Le tarif de 6,95 isk par kilomètre repose sur l’hypothèse que les redevances kilométriques pour ce type de véhicule ne seront pas plus élevées en 2026 qu’en 2025 avec l’ancien système.
Auparavant, le montant payé dépendait de la consommation de carburant, ce qui ne reflétait pas nécessairement l’utilisation réelle des routes. Ainsi, deux véhicules de même poids mais de consommation différente pouvaient payer des montants différents, même s’ils parcouraient la même distance.
Avec la tarification au kilomètre, le paiement est désormais basé sur l’usage réel des routes, mesuré en kilomètres parcourus, garantissant une structure tarifaire plus équitable.
Parallèlement, la taxe carbone actualisée assure qu’il restera financièrement plus avantageux de conduire des véhicules respectueux de l’environnement.
Prix à la pompe : à quoi s’attendre ?
Les prix à la pompe baisseront globalement. Les taxes sur l’essence et le diesel seront supprimées, entraînant donc une baisse des prix.
Toutefois, la taxe carbone révisée, plus élevée, compensera partiellement cette diminution. La baisse finale dépendra notamment de la proportion d’additifs écologiques dans les carburants, qui n’étaient jusqu’à présent soumis ni aux taxes sur les carburants ni à la taxe carbone.
Comment est calculé et payé le forfait ?
La taxe est calculée en fonction des kilomètres parcourus, relevés au compteur kilométrique (odomètre).
Le règlement de la redevance se fera mensuellement, sur un modèle proche de celui des factures d’électricité. Les conducteurs devront déclarer leur kilométrage une fois par an, soit via un portail gouvernemental dédié, soit lors du contrôle technique du véhicule. Pour les véhicules de location et les véhicules étrangers, se référer au chapitre suivant.
Qu’en est-il des voitures de location et des touristes venant en Islande avec leur propre véhicule ?
Location de voiture en Islande
Cette taxe s’élèvera à environ 6,95 isk par kilomètre parcouru (selon la catégorie de véhicule choisie) et sera perçue par les compagnies de location de voitures dès le 1er janvier 2026, afin d’être reversée au gouvernement. Les sociétés de location pourront appliquer soit un calcul au kilomètre, soit un forfait journalier. En fonction de la méthode choisie par la compagnie de location, il faudra soit payer à l’avance soit à la fin du séjour. Ne soyez pas surpris donc si la compagnie de location vous demande de faire une empreinte de carte (ou préautorisation) le jour où vous prenez en charge le véhicule. Il est donc impératif de bien consulter les conditions générales de location avant de réserver.
Chez Blue car rental par exemple, un forfait de 1390 isk par jour sera appliqué, considérant en moyenne que les touristes parcourent environ 200 kilomètres par jour. Tandis que chez Europcar, une préautorisation bancaire sera effectuée pour un prélèvement sur le nombre de kilomètres réellement parcourus pendant le séjour lors de la restitution du véhicule.
Venir avec son propre véhicule en Islande par le ferry
Pour les touristes venant en Islande avec leur propre véhicule, ils devront s’acquitter d’une taxe d’utilisation des routes pour toute la durée de leur séjour. En effet, des frais doivent être payés pour les véhicules autorisés par les douanes pour une utilisation temporaire en Islande. Les frais sont basés sur le poids du véhicule et la durée du séjour. Pour les séjours de moins de 30 jours, des frais fixes sont facturés, tandis que pour les séjours plus longs, les frais sont basés sur la distance parcourue dans le pays grâce à l’odomètre qui sera contrôlé à l’arrivée en Islande et au départ. La responsabilité du paiement incombe à la personne qui reçoit l’autorisation. Les détails de cette procédure sont communiqués lors de la transmission du formulaire E9, obligatoire pour tout propriétaire de véhicule souhaitant voyager en Islande.
Pour information, les frais sont, pour un véhicule de 3,5 tonnes de 13900isk pour un séjour de moins de 10 jours, 20850isk pour un séjour entre 11 et 20 jours et de 24325isk pour un séjour de plus de 20 jours. Au-delà de 30 jours, l’indemnité au kilomètre s’applique et le propriétaire du véhicule paiera donc 6,95isk par kilomètre parcouru.
Les détails de cette procédure sont expliqués en anglais sur le site du gouvernement ici. Pour toute information complémentaire, nous vous conseillons de consulter le site officiel (en anglais) : https://vegirokkarallra.is/en
Retrouvez tous nos conseils pour conduire sur les routes islandaises sur notre blog












