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Suivez l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes

Hagafell – Grindavík | Historique de l’éruption du 14 janvier 2024

Étant tous deux passionnés de volcanisme, nous suivons avec très grand intérêt l’actualité sismique et volcanique de l’Islande. Si nous mettons à jour quasiment en direct notre page dédiée au volcanisme, nous estimons que les informations collectées au fil des événements sismiques et/ou volcaniques sont précieuses, notamment pour qui, comme nous, aiment comprendre comment « vit » l’Islande. Cet article est dédié à la présentation antéchronologique de l’éruption du 14 janvier 2024 survenue à Hagafell, située à quelques centaines de mètres de la ville de Grindavík.

Vous trouverez les liens vers les sites utiles et les webcams sur cette page.

Localisation des fissures éruptives de l'éruption de Hagafell - Grindavík. Crédit photo : RÚV.

Localisation des fissures éruptives de l’éruption de Hagafell – Grindavík. Crédit photo : RÚV.

En bref

  • Le 14 janvier à 7h57 (GMT), une fissure éruptive s’ouvre juste à quelques centaines de mètres des habitations au nord de Grindavík, au pied de la montagne Hagafell.
  • Le même jour à 12h05 (GMT), une autre fissure éruptive s’ouvre quant à elle à 20 mètres des premières habiations.
  • Si la digue en terre semble ralentir la progression de la lave de cette première fissure, rien n’arrête malheureusement celle issue de la second fissure, qui incendiera 3 maisons.
  • Si les dégâts sont visibles, il faudra aux scientifiques de nombreux jours pour évaluer la situation et conclure que la ville de Grindavík est devenue une zone dangereuse car : de nouvelles fissures s’ouvrent, les fissures formées depuis le 10 novembre continuent de s’élargir, la ville entière semble s’effondrer sur elle-même.
  • Les cartes d’évaluation des risques ont été publiées – les décisions gouvernementales étaient très attendues par les habitants, qui, malheureusement, ne pourront sans doute plus retourner vivre à Grindavík.
Les systèmes volcaniques de la péninsule de Reykjanes.

Les systèmes volcaniques de la péninsule de Reykjanes. Crédit photo : Háskoli Íslands.

Mise à jour : 17 janvier 2024

19h00 heure locale (GMT)

 

  • L’activité éruptive n’est plus visible aujourd’hui.
  • Les mesures montrent qu’il y a encore du mouvement dans le dyke magmatique au nord de Grindavík, dans la ville elle-même (au niveau du graben (vallée d’effondrement)) ainsi qu’à Svartsengi.
  • Les mouvements dans le graben qui s’est nouvellement formé sont à la fois horizontaux et verticaux. Depuis l’éruption de dimanche, et d’après les mesures faites hier 16 janvier, l’affaissement est d’environ un mètre et l’élargissement est d’environ 1,4 mètres.
  • Les scientifiques ont observé beaucoup moins de séismes depuis 24 heures mais cela ne signifie toutefois pas que l’événement est complètement terminé.
  • Du gaz a été mesuré hier à Grindavík, indiquant que le magma semble se trouver à faible profondeur à l’extrémité sud du dyke magmatique sous Grindavík.
  • L’accumulation de magma se poursuit sous Svartsengi. Les données des compteurs GPS sont en cours d’analyse. Le terrain autour de l’extrémité sud du dyke semble être fortement fracturé, le magma peut alors facilement atteindre la surface, et il est toujours possible que de nouvelles fissures s’ouvrent sans préavis.
  • La péninsule de Reykjanes est entré dans un cycle actif et on peut s’attendre à des tremblements de terres et des éruptions qui peuvent durer des mois, voire des années. Le risque de formation de fissures et de cracks est toujours aussi élevé. Magnús Tumi Guðmundsson, professeur de géophysique, dit “qu’étant donné la situation actuelle, cela n’a aucun sens de vivre à Grindavík. Le gouvernement doit trouver des solutions à long terme aux problèmes de logement qui soient acceptables pour les habitants de la ville.”
  • Les habitants de Grindavík se sont rassemblés hier en grand nombre pour une réunion des habitants à Laugardalshöll à Reykjavík, au cours de laquelle diverses questions intéressant les habitants de la ville ont été discutées. Magnús Tumi estime qu’il est probable que le cours des événements du week-end (l’éruption, les séismes, les déformations du sol) se poursuive pendant un temps considérable.
  • Il n’y a aucun changement dans l’évaluation globale des risques dans les zones par rapport aux derniers jours.
  • Il n’y a pas d’impact sur le trafic aérien.
  • L’accès à la zone est fermée au public.

Mise à jour : 16 janvier 2024

18h00 heure locale (GMT)

 

De nouvelles fissures pourraient se former à Grindavík et un nouveau Graben (fossé d’effondrement) s’est formé à l’est de celui qui s’est formé à Grindavík le 10 novembre.

  • L’accumulation de magma se poursuit sous Svartsengi à un rythme similaire à celui des deux dernières éruptions. C’est le résultat de la réunion de concertation scientifique qui s’est tenue ce matin. Comme lors de l’éruption du 18 décembre, le magma s’est écoulé du point de collecte sous Svartsengi, à l’est et a formé une intrusion (dyke) magmatique qui s’étend de Stóra Skógsfell et vers le sud, sous la ville de Grindavík. Ceci est confirmé par les modèles informatiques. Ils montrent également que la source du magma se trouvait probablement un peu plus à l’ouest qu’auparavant, et que les mesures GPS différaient donc à certains égards de celles observées le 18 décembre.
  • Lorsqu’un évent se forme près de la surface, la croûte terrestre est tendue et la terre s’enfonce au centre de l’évent. De plus, la croûte terrestre se soulève de chaque côté. Les modèles informatiques examinés lors de la réunion de consultation montrent que le compteur GPS de Svartsengi est situé à l’endroit du bord du dyke magmatique où la terre s’élève juste pendant la formation du dyke. Deux jours après sa formation, le compteur de Svartsengi devrait commencer à montrer un affaissement si l’accumulation de magma avait cessé. Ce n’est pas le cas, et il est donc clair que le magma s’accumule toujours.
  • Le dyke magmatique formé lors de l’éruption qui a débuté dimanche se trouve un peu plus à l’est que le dyke qui s’est formé sous Grindavík le 10 novembre. Sur la base des données collectées et traitées par l’Institut islandais des sciences naturelles et le Land Survey d’Islande, il semble qu’un nouveau graben se soit formé à l’est de celui qui s’est formé le 10 novembre. Ce graben mesure environ 800 à 1 000 m de large, comme le montre la carte. La hauteur maximale est d’environ 30 cm, mais il convient de noter que la zone continue de s’enfoncer et que la vallée s’élargit. À titre de comparaison, le graben formé le 10 novembre à Grindavík mesurait environ 2 km de large. L’affaissement était d’environ 1,3 m.
  • Au sein de ce nouveau graben, les fissures formées et visibles en surface avaient été préalablement cartographiées. Ces fissures se sont élargies et de nouvelles se forment. Le risque de fissures et d’effondrement du sol a donc augmenté dans la partie orientale de Grindavík par rapport à ce qu’il était auparavant.

Des éruptions magmatiques répétées sont probables dans les années à venir

  • Si l’on regarde les prochaines années, il est probable que des coulées de magma se reproduisent dans cette fissure. Une faiblesse s’y est développée, mais l’avenir reste très incertain. Toute échelle de temps est très incertaine. « J’aurais aimé avoir de meilleures réponses, mais malheureusement c’est comme ça », déclare Kristín Jónsdóttir de l’Office météorologique Islandais.

Le gouvernement met tout en oeuvre pour venir en aide aux habitants

  • Une réunion est en cours avec Katrín Jakobsdóttir, la première ministre islandaise, pour discuter avec les habitants de Grindavík. De nombreux sujets seront évoqués et des réunions régulières seront organisées. La priorité concerne le relogement des familles toujours dans le besoin, le gouvernement compte acheter des appartements la semaine prochaine.

Mise à jour : 15 janvier 2024

18h00 heure locale (GMT)

 

  • Le flux de lave provenant des fissures qui se sont ouvertes hier a diminué. Le flux provenant de la fissure sud qui s’est ouverte hier à midi juste à la frontière de la ville semble s’être arrêté. La majeure partie de la coulée de lave se situe le long de la digue qui a été construite et qui semble avoir fait ses preuves.
  • Il est difficile d’estimer combien de temps durera cette éruption. L’activité sismique a diminué et, selon les mesures GPS, les mouvements dans la zone diminuent. Cependant, le mouvement continue d’être mesuré dans la partie sud du dyke magmatique sous Grindavík.
  • D’après les mesures, au cours des dernières 24 heures, à l’intérieur des limites de la ville, les déformations ont atteint jusqu’à 1,4 m, répartis sur de nombreuses fissures, de nouvelles se sont formées et les plus anciennes s’ouvrent davantage. De nouvelles fissures pourraient apparaître en surface dans les prochains jours.
  • Comme mentionné précédemment, les zones d’éruption constituent une zone à haut risque et il ne peut être exclu que de nouvelles fissures s’ouvrent sans avertissement. C’est ce qui s’est produit hier lorsque la fissure s’est ouverte à la frontière de Grindavík. Aucun signal n’a été observé sur les instruments de mesure en rapport avec cette éruption en particulier. Un membre des services de secours a vu le sol se dérober sous ses pieds un peu plus tôt dans l’après midi (sans gravité).
  • La carte d’évaluation des risques n’a pas changé depuis la dernière fois et est valable jusqu’au mercredi 17 janvier.
  • Il est désormais important de suivre les éventuelles pollutions dues au gaz sui s’échappent de l’éruption.
  • L’Office météorologique islandais continue de surveiller la zone et est en contact direct avec la protection civile et les services d’urgence au sujet de l’évolution de l’événement.
  • Les scientifiques se sont réunis ce matin lors d’une réunion de consultation organisée par l’Office météorologique islandais. Les données collectées en relation avec l’éruption ont été examinées. Les prochains jours se poursuivront avec les mesures et la collecte de données complémentaires ainsi que leur analyse. À partir de ces données, des modèles informatiques seront élaborés pour mieux comprendre les circonstances qui ont conduit à l’événement et pour évaluer la progression probable de l’éruption. La séquence des événements du 18 décembre est également comparée à l’éruption qui a débuté hier afin de mi